Je remercie les éditions Barzakh pour ce service presse
et aussi pour leur confiance.
"Si on y pense, le silence donne toujours plus de noblesse ( même aux idiots ) que la parole, fut elle brillante. Comme si les êtres silencieux faisaient preuve de résistance à l'arrivisme croissant des bavards, de plus en plus nombreux, de plus en plus insistants."

Je ne vous ai jamais dit qu'entre les nouvelles et moi, il y a une grande histoire d'amour?
Pourquoi?
Tout simplement parce que j'y découvre le génie de l'auteur. Il écrit court mais profondément et on en sort toujours avec une morale, une leçon , un constat.
Quand j'ai reçu les livres de chez Barzakh, j'ai directement eu un coup de foudre pour la couverture sombre et mystérieuse de ce recueil. Une femme? non? pourquoi se cache-t-elle? pourquoi est-elle presque invisible?
Le nom de l'auteure ne me disait rien du tout et j'ai retroussé le nez (un tic) signe que je suis contrariée parce que je n'aime pas "NE PAS ETRE AU COURANT."
Bref. Aujourd'hui, après la lecture du recueil et quelques recherches sur l'auteure, je me sens bien.
Mieux! je suis séduite et Bali est dans mon Top 10 de 2016 c'est décidé.
Comment ai-je pu passer à côté d'une aussi belle plume qui, tout au long des 175 pages, m'a chuchotée des histoires. Elle m'a fait vivre une sorte d'intimité avec les personnages. J'avais l'impression d'être dans une grande maison et que j'ouvrais à chaque fois une porte pour découvrir une nouvelle scène.
Le recueil renferme huit nouvelles (pour ceux qui ne savent pas ce qu'est la différence entre un roman et une nouvelle, je vous mettrai un article prochainement)
1. Le petit pépin de pastèque
2. Peu importe le mensonge
3. La chaussette à la main
4. La mante
5. Bêtes à Bon Dieu
6. Sitôt que la souffrance surgit
7. Les chiens errants
8. Trop tard
Je ne vais pas résumer les nouvelles , ni les détailler parce que toute la beauté des textes et des idées réside dans le chemin que prendront vos pensées en les lisant.
J'ai vite accroché à la première nouvelle. Une femme au foyer qui s'ennuie, trouve un cafard sur son lavabo et au lieu de s'en débarrasser , elle choisit de lui faire de la conversation. Pire, elle se confie à lui. Elle lui raconte son quotidien, la dégradation de sa vie conjugale, son mari qui la méprise, ses enfants qui se détachent parce qu'ils grandissent. Ce n'est plus répugnant un cafard quand cette femme discute avec lui et lui parle de la guerre en Irak (de l'invasion de l'Irak) , de religion, d'amour,....
« Partout sur la terre il y a des cafards et des éradicateurs de cafards. Je devrais noter ça dans mon cahier : nous sommes tous des cafards pour les uns et des éradicateurs pour les autres. En descendant dans l’échelle de la cafardise, on peut se demander s’il existe un niveau ultime, une sorte de dernier sous-sol. Autrement dit, les cafards dénichent-ils toujours plus méprisables qu’eux, plus apte à recevoir leur venin ? »
J'ai choisi cet exemple parce que c'est le premier et aussi celui qui illustre le mieux (pour moi bien sûr) la trame de ce recueil : raconter la vie d'un personnage-noyau pour chaque nouvelle, dévoiler ce qu'il cache en lui , dans son subconscient, révéler son côté un peu fou, un peu surréaliste!
La notion "couple" est reprise sous d'autres formes dans "Chiens errants" (celle que j'ai aimé le moins) , "Peu importe le mensonge" (que j'ai trouvé attendrissante) et aussi dans "La chaussette à la main" (un poète, un meurtre, jalousie, une enquête).
Une autre de mes préférées est celle de "La mante" mais je ne vous dirai pas pourquoi, j'attendrai que quelqu'un passe par ici avec son commentaire pour en discuter.
"Trop tard" qui clôture le recueil est lourde en sens, il faut vraiment lire entre les lignes.
Un recueil-symbole, voilà comment je nomme ce livre. Symbole de l'homme (comprendre homme et femme) perdu dans le labyrinthe de ses peurs et ses complexes.
Voilà pour mon premier Bali. J'ai vraiment aimé son style qui tangue entre la dérision et l'humour pour ne pas nous faire sombrer dans la mélancolie de ses personnages.
Ceci reste mon avis. Je vous invite à le lire et à partager les vôtres pour un échange fructueux.

Née en 1961 en Algérie, Hajar Bali, de son vrai nom Djalila Kadi-Hanifi, est titulaire d'un Doctorat de 3e cycle en mathématiques pures et enseigne les maths à l'université d'Alger. Elle est membre de la troupe de théâtre "Chrysalide" à Alger depuis janvier 2000.
Elle enseigne depuis 1985 les mathématiques à l'université des sciences et de la technologie d'Alger. Elle fonde en 2000 la compagnie Chrysalide au sein de laquelle elle met en scène des adaptations et des parodies




Imaginez que vous aimez un auteur pour les mauvaises raisons.
RépondreSupprimerD'abord pour un dévoilement pudique dans 'Chroniques algériennes' sur un blog de Libération.
Ensuite vous découvrez votre propre patronyme sous le nom de plume.
Ensuite, vous vous délectez de la concision à la limite de l'épure dans le style.
Ensuite vous actez le regard clinique et métaphorique sur la société algérienne.
Ensuite vous identifiez l'urgence de passer par la permanence de l'écrit.
Enfin vous vous dîtes, ma cousine a un vrai talent!
Imaginez que vous aimez un auteur pour les mauvaises raisons.
RépondreSupprimerD'abord pour un dévoilement pudique dans 'Chroniques algériennes' sur un blog de Libération.
Ensuite vous découvrez votre propre patronyme sous le nom de plume.
Ensuite, vous vous délectez de la concision à la limite de l'épure dans le style.
Ensuite vous actez le regard clinique et métaphorique sur la société algérienne.
Ensuite vous identifiez l'urgence de passer par la permanence de l'écrit.
Enfin vous vous dîtes, ma cousine a un vrai talent!
:) oui elle du talent !!!!
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Supprimer:) oui elle du talent !!!!
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